Le syndrome « ivebeenthere »

Le syndrome « ivebeenthere » ou « J’étais là » est une théorie intéressante qui m’a été apportée avec humour (mais c’est aussi très sérieux) par mon ancienne enseignante d’histoire de l’art.

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Pas de gribouillage !

Le fait de ressentir l’irrémédiable besoin d’écrire ou graver son nom quelque part, surtout là où il ne faut pas, est une méthode pour nous immortaliser. Le problème est que c’est souvent sur les fresques des résidences de Pompéi datant du 3-4e siècle avant J.-C., sur les murs du Colisée de Rome, ou encore dans le bois du retable d’une cathédrale baroque. Si j’écoutais mon enseignante à la lettre, les personnes coupables de ces gestes ignobles devraient être jugées au même titre que les plus célèbres dictateurs et anarchistes pour crime contre l’humanité. « À MORT ! »

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Le Panthéon de Rome n’avait pas besoin de cette… « amélioration »

Mais non, je ne suis pas aussi radical que ça. Toutefois, ça ne veut pas dire que je suis serein et souriant lorsque je vois un article dont le titre est : « Un touriste a gravé son initiale sur les murs du Colisée de Rome ». En fait, j’ai, en temps normal, soudainement unek-colisée-rome montée fulgurante d’émotions…aux antipodes de l’amour (Si vous voyez ce que je veux dire). Sachez que pour effacer la lettre de 17 centimètres de largeur et 25 centimètres de hauteur que l’homme a gravée, il a été nécessaire d’investir 25 millions d’euros pour compléter la restauration. Et oui ! Ça coûte cher !

Oui, ça arrive souvent….malheureusement

Si vous pensez que la première raison de la dégradation de notre patrimoine historique sont les tempêtes tropicales, les rayons UV ou l’érosion naturelle….et bien vous avez tout faux ! La première cause de la destruction de sites tels que le Machu Picchu, la grande barrière de corail d’Australie ou Teotihuacan (Ville aztèque au Mexique) c’est nous !

L’humain est le pire ennemie de notre patrimoine et c’est pour ça que la célèbre Joconde de Léonard de Vinci est derrière une vitre blindée avec filtre UV et que l’environnement (humidité, température, pression) est contrôlé en permanence. Cette unique peinture à été victime d’au moins 6 tentatives de vandalisme depuis 1956.

Souvent ce n’est pas de mauvaises volontés, mais plutôt par manque de connaissance ou simplement un moment d’égarement passager. C’est compréhensible d’oublier de retirer le flash de son appareil photo, mais il faut tout de même faire attention et sensibiliser ceux qui nous entourent. Aussi, dans certains cas, la simple présence humaine est néfaste pour la préservation des œuvres, par exemple, le gaz carbonique et l’humidité dégagée par la respiration sont suffisantes pour accélérer la détérioration des pigments d’une fresque. Et s.v.p. ne vous rapporter pas de souvenirs authentiques provenant du patrimoine mondial à la maison, c’est surement la pire pratique de tous.

Interdit au public

Afin de protéger les vestiges de notre histoire, certains trésors ne sont plus accessibles au public et ne le seront peut-être plus jamais. C’est le cas de la Grotte de Lascaux qui est uniquement accessible aux chercheurs les plus chanceux. Il est tout de même possible de visiter certains de ces endroits grâce à la technologie (Voir l’article : 5 visites virtuelles époustouflantes). C’est déjà mieux que rien !

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